Jean-Marc Grob

Né à Bex en 1947, Jean-Marc Grob se destine d’abord à la flûte. Après des études au Conservatoire de Lausanne, il se perfectionne à Zurich auprès d’André Jaunet et à Berlin avec James Galway. Chambriste par passion, il se découvre au fil des années septante un intérêt pour la direction d’orchestre. Cette vocation est d’abord le fruit des circonstances: l’après Mai 68 est marqué à Lausanne par l’explosion du nombre de musiciens professionnels, auxquels le jeune artiste se met en tête de donner du travail. Naît d’abord l’Orchestre (ad hoc) des Concerts de l’Ouest puis, en 1981, l’Orchestre des Rencontres Musicales (ORM). L’aventure est lancée. Après des premiers pas forcément chaotiques, c’est la «révélation» du Didon et Enée de Purcell qui rassemble plus de 4000 spectateurs au Théâtre municipal de Lausanne et ancre l’ORM dans le paysage musical lémanique.

Jean-Marc Grob n’est pas homme de routine. Pour offrir à ses musiciens le meilleur de lui-même, il répond aux sollicitations d’autres orchestres, en Suisse et à l’étranger, engrangeant par ce biais une précieuse expérience. L’approche profondément humaniste de son art fait le reste, permettant à l’ORM – qui devient «Sinfonietta de Lausanne» en 1996 – d’élargir non seulement son bassin de musiciens, mais également son cercle d’amis. Cette vocation est saluée en 1999 par la Fondation vaudoise pour la culture qui lui remet le Prix de l’Eveil.

Jean-Marc Grob c’est aussi – surtout? – un personnage. Autodidacte pleinement assumé, il se définit volontiers comme un passeur – celui qui aime à transmettre, à échanger, à écouter. À 65 ans, c’est en jeune retraité de l’institution – mais pas de la Musique! – qu’il cède la baguette du Sinfonietta de Lausanne au chef allemand Alexander Mayer, actuellement en poste à l’Ensemble symphonique de Neuchâtel. Sans regrets, à son image: l’œil malicieux tourné vers l’avenir.